Utilisation de l’acétamipride au Luxembourg

Réponse QP

25. September 2025

Réponse à la question à Madame la Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Viticulture, à Madame la Ministre de la Protection des Consommateurs et à Monsieur le Ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité au sujet de l’utilisation de l’acétamipride au Luxembourg.

La récente adoption de la loi Duplomb en France suscite une vive inquiétude tant dans la communauté scientifique que parmi les citoyen·ne·s. Une pétition publique déposée à l’Assemblée nationale demandant l’abrogation du précité texte a récolté 1,8 millions de signatures. Par ailleurs, un collectif de 400 chef·fe·.s cuisiniers·ières et acteurs·trices de la restauration a soulevé aujourd’hui la question de la protection des consommateurs·trices dans ce contexte. Le collectif, qui appelle aussi au retrait de la loi controversée, exprime son inquiétude que la qualité des produits servis dans la restauration en France se détériore de plus en plus et que les produits contiennent toujours plus de résidus de pesticides.

En France, la molécule au cœur de la controverse – l’acétamipride, appartenant au groupe des néonicotinoïdes – était interdite depuis 2020 en raison tant de sa toxicité avérée pour les pollinisateurs, que de soupçons pesant sur ses effets nocifs pour le développement neurologique.

Au Luxembourg, des substances contenant l’acétamipride sont autorisées, 50kg d’acétamipride ayant été utilisés en 2020-2021 et 60kg ayant été utilisés en 2022-2023.

La question des résidus de pesticides dans notre alimentation est aussi d’actualité au Luxembourg,  la dernière analyse de l’Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire démontrant la présence de pesticides dans plus de la moitié des aliments analysés. Les fruits et légumes de l’agriculture conventionnelle sont particulièrement concernés, ce qui a suscité des revendications de la part d’organisations environnementales en faveur d’une révision du plan d’action national de réduction des produits phytopharmaceutiques (PAN PPP) et d’une limitation accrue de l’utilisation de pesticides.

En réponse à ma question parlementaire n°2185, Madame la Ministre de l’Agriculture a estimé qu’un des obstacles pour la mise en œuvre des objectifs du PAN PPP serait la « méconnaissance ou méfiance des utilisateurs·trices de produits phytopharmaceutiques des techniques alternatives ».

En réponse au succès de la précitée pétition, le gouvernement français a indiqué vouloir saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail sur la question de la réautorisation du pesticide, alors que l’ANSES a déjà rendu deux avis confirmant clairement qu’il existe des solutions alternatives efficaces et opérationnelles.

Dans ce contexte, je souhaiterais poser les questions suivantes :

  • Pour quelles cultures l’acétamipride est-il utilisée actuellement au Luxembourg ? Contre quels insectes nuisibles cette substance est-elle censée agir ? Son application est-elle effectuée à titre préventif ou uniquement après identification de la présence des ravageurs ? Ces insectes font-ils l’objet d’un suivi ou d’un monitoring au Luxembourg ? Dans l’affirmative, ont-ils été détectés récemment ?
  • Madame la Ministre est-elle d’avis qu’il existe des (techniques) alternatives à l’acétamipride qui présentent un risque moindre pour les consommateurs·trices, utilisateur·trice·s ainsi que pour la biodiversité, en particulier les pollinisateurs ? Le cas échéant, le gouvernement envisage-t-il de promouvoir ou de soutenir activement ces alternatives ?
  • De manière générale, quelles mesures Madame la Ministre prend-elle afin de remédier au fait que la « méconnaissance ou méfiance des utilisateurs·trices de produits phytopharmaceutiques des techniques alternatives » ne demeure un obstacle à la réduction de l’utilisation des pesticides ?
  • Combien de substances appartenant à la famille des néonicotinoïdes sont encore autorisées au Luxembourg à ce jour ? Plus généralement, quelle est la position du gouvernement concernant la réduction progressive, voire l’interdiction de ces substances actives ? Quelles mesures sont prévues à cet égard ?
  • Quelles données le gouvernement détient-il actuellement sur l’exposition de la faune et de la population aux néonicotinoïdes — y compris l’acétamipride — au Luxembourg ? Le gouvernement considère-t-il que les connaissances disponibles sont suffisantes ? Dans le cas contraire, quelles mesures compte-t-il prendre pour combler les lacunes et mieux évaluer les risques liés à l’utilisation de ces substances ?

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