Potentiel de stockage de carbone et d’eau dans les sols

Question parlementaire

22. September 2026

Question parlementaire de notre députée Joëlle Welfring à Monsieur le Ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité et à Madame la Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Viticulture concernant le potentiel de stockage de carbone et d’eau dans les sols.

Le projet HUMUS, lancé en 2022 par le ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable sous le précédent Gouvernement visait à améliorer les connaissances sur le carbone organique contenu dans les sols luxembourgeois, notamment l’étude des stocks existants dans les sols luxembourgeois, de leur dynamique au cours du tempts et de leur sensibilité à différents modes de gestion des sols. L’augmentation du stockage de carbone dans les sols constitue en effet un levier important de la politique climatique, puisqu’elle permet de retirer durablement du CO2 de l’atmosphère, tout en pouvant contribuer à améliorer la qualité et le fonctionnement des sols. Le projet a réuni notamment des expert.e.s de l’Administration de l’environnement, de l’Administration de la gestion de l’eau, de l’Administration de la nature et des forêts, de l’Administration des services techniques de l’agriculture et du Service d’économie rurale.

Dans le cadre de ce projet, différentes méthodes permettant d’estimer la quantité supplémentaire de carbone que les sols luxembourgeois pourraient théoriquement stocker ont été analysées. Un rapport du projet récemment publié souligne toutefois que les estimations obtenues nécessitent de meilleures données avant de pouvoir servir de base à des décisions politiques.

À plus long terme, le rapport recommande notamment de développer et de calibrer des modèles permettant de mieux comprendre l’évolution des stocks de carbone dans les sols en fonction, entre autres, du changement climatique et des politiques mises en œuvre. De tels outils pourraient, selon le rapport, constituer une aide à la décision tant pour les politiques environnementales que pour les politiques agricoles.

Par ailleurs, l’augmentation de la matière organique dans les sols ne présente pas seulement un intérêt du point de vue climatique. La qualité et la structure des sols jouent également un rôle important pour leur fonctionnement agronomique et leur capacité à mieux gérer l’eau, enjeu qui gagne en importance face à la multiplication et l’intensification des périodes de sécheresse

Dans ce contexte, je souhaiterais poser les questions suivantes :

  • Quelles suites Madame et Monsieur les Ministres entendent-ils donner aux résultats et recommandations du projet HUMUS ? En particulier, est-il prévu de poursuivre les travaux en vue de développer des modèles adaptés aux conditions luxembourgeoises permettent de mieux anticiper l’évolution du carbone organique dans les sols et d’évaluer les effets des politiques publiques ?
  • Comment la coopération entre les ministères et administrations compétents en matière d’environnement de d’agriculture sera-t-elle organisée dans la poursuite de ces travaux et dans la mise en œuvre de leurs résultats ?
  • Indépendamment des travaux méthodologiques en cours, quel potentiel Madame la Ministre identifie-t-elle actuellement pour augmenter davantage le stockage de carbone organique et la rétention d’eau dans les sols agricoles luxembourgeois ? Quelles pratiques agricoles présentent, à ses yeux, le plus grand potentiel à cet égard ?
  • Dans quelle mesures ces connaissances seront-elles prises en compte dans l’évolution des régimes d’aides agricoles, notamment afin de soutenir davantage les pratiques contribuant à améliorer durablement la teneur en matière organique, la structure et la capacité de rétention d’eau des sols ?

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