12. Dezember 2014
Réponse à la question parlementaire de la députée Josée Lorsché à Madame la Ministre de la Santé
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail française a publié une revue systématique de la littérature scientifique disponible sur les expositions aux pesticides des travailleurs agricoles en France. Elle y conclut que de nombreuses études épidémiologiques réalisées au niveau international auprès de populations du secteur agricole reconnaissent que l’exposition à des pesticides peut largement contribuer à l’apparition de certaines pathologies chroniques. En France, l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) a d’ailleurs démontré en l’an 2013 qu’il existe des liens directs entre l’exposition à des pesticides et l’état de santé des personnes concernées. Parmi les pathologies soulevées par cet institut scientifique reconnu figurent notamment des maladies cancéreuses (cancers de la prostate, hémopathies malignes, tumeurs cérébraux, sarcomes de tissus mous…), certaines maladies neurologiques (maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, troubles cognitifs…) ainsi que certains troubles de la reproduction et du développement. Des maladies respiratoires, des troubles immunologiques ou endocriniens ont également figuré parmi les pathologies ayant suscité des réflexions quant à leur lien direct ou indirect avec l’exposition à des pesticides.
Dans cet ordre d’idées, le Gouvernement français avait déjà mis en vigueur au mois de mai 2012 le décret n°2012/665, qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle en établissant explicitement un lien de causalité entre cette pathologie – seconde maladie neurodégénérative en France après la maladie d’Alzheimer – et l’usage de pesticides.
En France on peut d’ailleurs constater une croissance limitée mais quand-même sensible des demandes de reconnaissance en tant que maladies professionnelles de certaines pathologies ayant vraisemblablement un lien avec les pesticides. Force est de constater que depuis quelques années, les effets des pesticides sur la santé des agriculteurs sont devenus un sujet de préoccupation et de mobilisation en France. En même temps, la littérature scientifique et notamment l’expertise susmentionnée de l’INSERM quant aux effets des pesticides sur la santé humaine, soulignent systématiquement le manque de données spécifiques relatives à l’exposition aux pesticides des personnes travaillant dans l’agriculture.