Décrochage scolaire

Question parlementaire

9. Juli 2020

Question parlementaire de notre députée Josée Losché à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

Dans les débats tant parlementaire que public, il est désormais reconnu que les jeunes font partie des groupes sociaux particulièrement affectés par les suites économiques de la pandémie du Covid-19. Dans ce contexte, la problématique du chômage des jeunes ainsi que leur situation d’emploi souvent temporaire voire précaire ont particulièrement retenu l’attention. Par contre, le phénomène du décrochage scolaire a souvent échappé à la discussion. Pourtant, dans les biographies des personnes concernées, il fait souvent figure d’étape décisive vers le chômage ou la précarité.

Entre 2003 et 2016, le décrochage scolaire a fait l’objet d’études régulières de la part du Ministère de l’Education. En 2015, dans le cadre de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne, la problématique fut à l’ordre du jour d’une journée d’étude sur le maintien scolaire. Depuis lors, la nomination d’un Médiateur scolaire en 2018 a témoigné de la volonté de Monsieur le Ministre de continuer cet engagement. Or, en l’absence de la présentation de nouveaux chiffres, la prévalence du décrochage dans le débat public et dans la communication du Ministère s’est vu réduite.

Dans un monde du travail qui déjà avant la crise actuelle offrait de moins en moins de perspectives professionnelles aux personnes peu ou non qualifiées, le décrochage scolaire avait déjà en 2015 été identifié comme l’un des principaux défis de notre système éducatif. Avec les tendances actuelles d’une hausse menaçante du chômage et d’une détérioration de la situation sanitaire, psychologique et économique d’un nombre important de jeunes, il risque de se répandre et d’exacerber ainsi la précarité et le chômage des jeunes jusque dans le long terme.

Dans ce contexte, je voudrais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre :

1. Monsieur le Ministre dispose-t-il de chiffres plus récents sur le décrochage que ceux présentés en 2016 ? Dans l’affirmative, une analyse approfondie et portant notamment sur des critères comme l’âge, le sexe ou la situation socio-économique des jeunes concernés a-t-elle été effectuée ? Le suivi systématique des décrocheurs est-il toujours pratiqué ?

2 Monsieur le Ministre peut-il dresser un bilan intermédiaire de la réalisation des mesures envisagées en 2015 dans le cadre de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne ? Qu’en est-il notamment des réflexions sur le système du redoublement et l’influence de l’échec scolaire sur le décrochage ?

3. Monsieur le Ministre est-il d’accord que dans le contexte des suites économiques de la pandémie sur l’éducation et sur la situation économique des jeunes, le phénomène du décrochage scolaire doit être suivi de près ? En ce sens, est-il disposé à revenir à une publication annuelle de statistiques, comme par le passé ?

4. Par quels moyens concrets le Service de médiation scolaire contribue-t-il à la lutte contre le décrochage scolaire ? Dans quelle mesure la coopération avec l’Ombudsman et l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher peut-elle contribuer à l’efficacité de son action ? Est-ce que la création récente de l’OKaJu constitue un nouveau moment dans ce contexte et quelle est désormais la « division du travail » entre les deux entités ?

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